Une maison pour accueillir les Autochtones en situation d’itinérance ou de précarité est en construction à Montréal. Un projet de 7 millions de dollars, pour lequel l’organisme promoteur a eu du mal à se trouver un site, se disant victime du syndrome « pas dans ma cour ».

 

Après avoir étudié au moins 37 emplacements différents, l’organisme Projets autochtones du Québec a finalement pu acquérir un terrain, rue de la Gauchetière, dans l’arrondissement Ville-Marie. À deux pas du CHUM, le nouveau refuge pourra accueillir environ 70 personnes. Un refuge existe déjà à l’heure actuelle, mais l’organisme va doubler sa capacité d’accueil.

« Présentement, ce sont uniquement des services d’urgence de nuit », explique Adrienne Campbell, de Projets autochtones du Québec. « Avec le nouveau projet, les hommes et les femmes seront sur des étages différents, avec un espace communautaire commun ». Une cinquantaine de personnes pourront être hébergées dans le secteur refuge, en plus d’une quinzaine de chambres de transition.

« Il s’agit de chambres pour les gens qui veulent sortir de la rue, mais qui ont besoin plus d’accompagnement. Ils auront plus de services qui sont adaptés à leur culture, à leurs connaissances et à leur façon de faire », poursuit Adrienne Campbell.

Appui indéfectible des élus

L’organisme peut cette fois-ci compter sur l’appui indéfectible des élus de l’arrondissement Ville-Marie. Le maire de Montréal, Denis Coderre, promet qu’il sera aux côtés de Projets autochtones du Québec. « Ils ont mon appui total. On va aller sur le terrain. On est là pour être en mode solution. Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Il y a une situation, on va la régler », dit-il.

L’opposition officielle de Projet Montréal assure aussi qu’elle soutiendra le projet. « Dans le centre-ville, nécessairement, il y a des problématiques sociales qui émergent », explique la conseillère municipale Valérie Plante. « Comme élus, on doit se positionner et on doit être en faveur de ces projets-là », ajoute-t-elle.

Hausse du nombre d’itinérants autochtones

Selon Matthew Pearce, de la Mission Old Brewery, il y a une augmentation de l’itinérance autochtone à Montréal. « C’est clair qu’il y a une croissance, dans toutes les catégories, mais de façon plus importante chez les Autochtones ».

Il cite comme exemple les Inuits qui viennent à Montréal pour obtenir des soins de santé, mais qui ne retournent pas dans leurs communautés.

Selon lui, il est nécessaire d’avoir des services différents pour les Autochtones. « On doit adapter les services pour qu’ils soient à la hauteur et qu’ils [accélèrent la] sortie de la rue vers la réinsertion. »

Le nouveau refuge doit ouvrir ses portes en mars 2016.